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Novembre 2005 : Or et Nickel des Goldfields (Kalgoorlie, Western Australia)
 

Kalgoorlie-Boulder : Golden Mile et SuperPit

Plus que n'importe quelle ville en Australie, Kalgoorlie-Boulder ne vit que pour et par la mine. Il est vrai qu'on est en Western Australia mais aujourd'hui encore il se dégage une certaine ambiance far-west de ce lieu. Même si les saloons ont laissé place à d'innombrables bars, les mineurs viennent toujours y flamber une partie de leur paye sous l'oeil des skimpies. La bière fraîche coule à flot dans le désert, l'eau douce également, acheminée depuis Perth par une pipeline de 563 km construite dès 1903.

Sur Hannan street, au fronton du Palace Hotel défilent en continu les cours de l'or et du nickel côtés au London Metal Exchange. Il faut dire que cette région des Goldfields située au Sud-Ouest du craton de Yilgarn vit depuis des années au rythme du cours de ces deux métaux. Et avec l'once d'or autour des 500 dollars, en ce moment l'économie de la région surfe sur la crête de la vague. Tous les lundi matin de nombreux employés reviennent de leur week-end en Airbus : les vols Perth-Kalgoorlie sont bondés. La main d'œuvre qualifiée se faisant rare on n'hésite plus à faire appel aux ingénieurs et techniciens basés dans la capitale via d'alléchants contrats 'flight in - flight out'.

Depuis Leonora au Nord jusqu'à Norseman au Sud, sur plus de 300 km, la terre rouge a été explorée dans tous les sens, mais inutile d'aller bien loin pour trouver l'origine de toute cette effervescence : immédiatement à la sortie de Boulder se trouve le Golden Mile. Cette zone a longtemps été réputée comme étant le mile de terrain la plus riche en or au monde. Découvert en 1893 par le prospecteur Paddy Hannan le Golden Mile a rapidement été transformé en un patchwork de minuscule concessions parsemées de dizaines de puits. Une ville s'est naturellement établie en bordure de cet eldorado.
Aujourd'hui les dernières miettes laissées par cette exploitation souterraine sont récupérées par des dumpers de 200 t façonnant une exploitation à ciel ouvert immense : le Super Pit. Il mesure actuellement 3 km de long, 1,5 km de large et 300 m de profondeur mais devrait à terme atteindre 600m !

 

Cassidy  Mine, Kalgoorlie
  Super Pit
  Nickel : des sulfures aux latérites  
 


Découvert en 1966, le nickel va fournir un nouvel atout à l'industrie minière de la région.
Les premiers gisements de nickel sulfuré sont reconnus autour du dôme de Kambalda puis plus au Nord dans les régions de Laverton et Leinster. Il s'agit de gisements liés aux komatiite.

A 80 kilomètres au sud de Kalgoorlie se trouve la cité minière de Kambalda qui avec seulement 4000 habitants est tout de même considérée comme la capitale du nickel australien.
En se dirigeant un peu plus au Sud vers Wiedgiemooltha se situent plusieurs petits gisements sulfurés.

Kambalda

Ni-paratacamite
 

Parmi ceux-ci le 132N Deposit a acquis une réputation mondiale d'un point de vue minéralogique. L'altération supergène de ce gisement a en effet fourni une importante paragénèse de secondaires du nickel dont de nombreuse espèces rares.
La découverte du gossan nickélifère par la société Inco remonte à 1968. Le titre minier fut racheté par WMC en 1981 puis l'exploration par sondages permit de localiser une lentille sulfurée exploitée à ciel ouvert au début des années 90.
Une fois l'exploitation proprement dite du nickel terminée, en 1997 un stock de gaspéite a été constitué pour alimenter le marché lapidaire américain.
Un dernier épilogue à l'exploitation de gisement semble se profiler. Effectivement lors de notre visite une campagne de sondage venait de se terminer pour tester l'extension du gisement autour du pit. Ces travaux sont entrepris par une compagnie junior de Perth: Titan Resources. D'après le communiqué de presse de la société publié suite à cette campagne, de bonnes intersections de sulfures ont été rencontrées et les résultats sont assez encourageant pour une possible reprise de l'exploitation. Du matériel frais pourrait donc voir le jour prochainement.

Veines de gaspeite

En attendant, malgré le fait qu'un gros stock de gaspeite soit parti aux USA, il reste encore de très beaux blocs minéralisés en espèces intéressantes à l'entrée de la mine.
Voici les principaux minéraux secondaires nickélifères rencontrés sur ce gisement : gaspéite, Ni-paratacamite, carrboydite, hydrohonessite, glaukosphaérite, kambaldaite, népouite, widgiemoolthalite.
Les sulfures sont essentiellement pyrrhotite et pentlandite avec pyrite et chalcopyrite accessoires.

132N deposit

Hydrohonessite

 

Ni-paratacamite et gaspéite

 
 

 

Les gisements sulfurés constituent une concentration exceptionnelle de nickel mais sont de relative petite taille. Cependant la roche ôte ultrabasique (komatiite), si elle est altérée sous le climat tropical peut donner des profils latéritiques enrichis en nickel susceptibles d'être exploités. Alors que ces gisements représentent 70% des ressources mondiales, leur part dans la production n'est encore que de 30%. Les teneurs ne sont pas aussi élevées que celles des gisements sulfurés, mais les volumes de minerai sont considérables et proches de la surface donc facilement exploitables. C'est essentiellement la problématique du traitement métallurgique de ces latérites qui explique qu'elles n'aient pas été exploitées plus tôt.

Les gisements latéritiques de Cawse, Bulong et Murrin Murrin ont été mis en exploitation à la fin des années 90. Ces projets hydrométallurgiques de 1ère génération ont eu des succès très mitigés et quelques années plus tard ceux encore en exploitation ont beaucoup de mal à atteindre leur production nominale. Parallélement de nouveaux projets de seconde génération sont en cours de développement, le plus important étant celui de Ravensthorpe, mené par BHP-Billiton. D'autre part plusieurs zones autour de Kalgoorlie sont actuellement en cours d'exploration pour chiffrer de nouvelles ressources.

 
 
 

Septembre 2005 : Kouroudiako et sa Sénégalite dans 'le Règne Minéral' n°65
 

A l'occasion de la sortie de l'article* sur Kouroudiako publié dans la revue 'Le Règne Minéral', petit retour sur l'historique de la redécouverte de la sénégalite dans ce gisement original.

Le gisement de fer de Kouroudiako, situé dans la vallée de la Falémé, au Sénégal oriental, constitue la localité-type de la sénégalite, phosphate d'aluminium décrit en 1976. Ce site isolé qui semblait oublié des minéralogistes, a été prospecté récemment par deux géologues, fournissant de nouvelles cristallisations de cette espèce rare associée à d'autres phosphates.

C'est en mars 2000 que nous avons trouvé l'occasion de nous rendre pour la première fois sur la zone du Kouroudiako. Ce site où furent récoltés les échantillons étudiés par Z. Johan durant les années 70 a été à nouveau exploré pour fournir des spécimens inédits de cette localité réputée épuisée. A l'occasion des saisons sèches suivantes, deux autres missions vont nous permettre de constater la taille réduite de la zone minéralisée laissée par les travaux des années 70. Donc relativement peu de matériel sera extrait, même si ces trois visites ont permis de mette à jour des spécimens d'excellente qualité, les plus belles pièces ayant été récoltés durant les missions de mars 2000 et janvier 2003.

Sénégalite / turquoise
 
Le piton Nord du Kouroudiako (mars 2000)
Oursin de sénégalite
 

La sénégalite est de loin le plus fréquent des phosphates présents sur le Kouroudiako.
Quatre types de cristallisations peuvent être distingués :

  • En gros cristaux allongés de teinte jaune orangé.
  • En gros cristaux jaunes dans de grosses vacuoles séparées par des cloisons de goethite.
  • En cristaux de taille moyenne (1-3mm) de teinte jaune pâle, implantés sur une croûte blanchâtre de variscite.
  • En très fin cristaux limpides implantés directement sur une gangue de goethite-limonite.

Parmi les autres phosphates la turquoise est le plus abondant. Ont également été trouvés variscite, wavellite, crandallite et augelite.

Sénégalite et crandallite

 
Sénégalite sur goethite Sénégalite sur variscite

*'Sénégalite et phosphates associés de Kouroudiako, Falémé, Sénégal' par C. Gineste, avec la collaboration de C. Bantsimba, le Règne Minéral, n°65, sept-oct 2005, pp. 13-24.

Sénégalite
La silhouette du Kouroudiako (janv 1999)

Septembre 2005 : Mine de stibine de Nakéty, NC  
  Ma dernière prospection à Nakéty remonte à au moins 3 ans et c'est avec plaisir que je reviens dans cette belle région de Canala. Le gîte de Nakéty est une curiosité dans le paysage minier calédonien. C'est en effet l'unique occurrence d'antimoine du territoire, occurrence assez surprenante dans une région entourée de massifs ultra-basiques et de dépôts de latérites nickélifères.

Cette visite avait pour objectif de retrouver des échantillons de réalgar que j'avais pu observer dans les collections du Services des Mines de Nouméa et l'Australian Museum de Sydney.
Des blocs de minerai très riches en stibine ont été laissés sur place. Dans les blocs de quartz des déblais, quelques mouches de réalgar mais pas de cristaux nets... A défaut de trouver du réalgar, de belles cristallisations de valentinite et senarmontite accompagnent les ocres d'antimoine sur les cristaux de stibine en cours d'altération
.

Valentinite
 
Vallée de Nakéty
Senarmontite / stibine

Septembre 2005 : Mine de nickel du Plateau de Thio, NC  
     
 

La mine du Plateau de Thio est historiquement incontournable, elle est restée longtemps au centre de tous les progrès réalisés dans l'exploitation du nickel calédonien. Même si ce ne fut pas la première mine de nickel à être exploitée, c'est celle qui l'a été durant la plus longue période. Depuis plus de 130 ans, elle a produit environ 40 millions de tonnes de minerai à une teneur moyenne de 3%. Les annonces de fermeture de la doyenne des mines calédoniennes sont toujours reportées : grâce aux progrès réalisés dans l'enrichissement des minerais, le mine de Thio poursuit son chemin en exploitant des minerais de plus en plus profonds, à des teneurs de plus en plus basses.
Organisée pour la semaine du patrimoine cette visite était très 'grand public' mais tout de même intéressante. Du point de vue minéralogique ce fut l'occasion de voir en place, même de loin, les brèches garniéritiques assez fréquentes sur ce gisement.

Mine César

Juin 2005 : Bourse de Ste-Marie-aux-Mines, Alsace  
 

Pour une fois mon retour en France va correspondre aux dates d'un grand événement minéralogique. C'est seulement ma deuxième visite sur cette grande bourse, devenue incontournable en Europe. L'occasion de découvrir des nouveautés mais aussi de revoir avec plaisir des minéralogistes perdus de vue depuis quelques années.
Coincé dans la tente Minéralogie Passion, je vais suivre de loin les nouveautés de cette année.
Un microminéralogiste attentif m'a indiqué, à quelques mètres de mon stand, un vendeur présentant des petites pièces de sénégalite brésilienne. Je reste cependant essentiellement à l'affût de nouveautés en provenance d'Afrique. J'ai notamment repéré un bel assortiment de minéraux congolais : hémimorphite bleutée, wulfénite, dioptase en provenance de MFouati.
Les prehnites maliennes de la région de Kayes sont devenues très abondantes, en belles associations sur épidote, rien que du classique...Nouveauté cette année on les retrouve également associées à des stibines chinoises sur une gangue en provenances des Carpates tout cela 'Made in Romania'. Dans le même registre, toujours plus de matériel chinois et les enduits huileux qui vont avec.
Finissons avec quelques bonnes affaires : les carrolites de RDC devenues abordables et les belles minéralisations cobaltifères du Maroc.

Dans les allées de la bourse

La tente Minéralogie-Passion

Juin 2005 : Mine de fluorine du Burc, Tarn

Instantanés sous terrains

 

Les retours en métropole sont depuis quelques temps synonymes de nouvelles visites de la mine du Burc. Malheureusement cette visite aura été sûrement la dernière étant donné l'épuisement des réserves de fluorine du district tarnais et donc la fermeture très prochaine des mines à ciel ouvert de Montroc et du Moulinal et de la mine du Burc, dernière exploitation souterraine française.
Lors de la rapide tournée des chantiers nous avons été particulièrement chanceux puisqu'une géode métrique de fluorine venait d'être ouverte. Sur une autre zone le remblaiement d'un chantier permet d'accéder à de petites géodes situées à la couronne de la galerie.

Les cristallisations de fluorine bleue du Burc sont devenues des classiques de la minéralogie française. En dehors de la trilogie des gangues fluorine-quartz-sidérite il faut également noter quelques cristallisations de dolomite, chalcopyrite, tétraédrite, sans oublier des filaments de cuivre natif dans les niveaux supérieurs de l'exploitation.

Le bras dans une géode métrique de fluorine
  Fluorine  zonée sur quartz

Juin 2005 : Petit retour en Aveyron  
 
Les sites intéressants de la région d'Asprières n'étant plus accessibles depuis que certains se sont appropriés égoïstement des nappes de déblais pour en exploiter les pyromorphite-campyllite, les aveyronnais qui faisaient sur ce site des prélèvements raisonnables n'ont plus qu'à aller prospecter ailleurs.
La région de Villefranche-de-Rouergue reste riche en matériel micro : une rapide visite aux mines de la Baume permet de récolter de jolis blocs à serpiérite et linarite. Rien d'intéressant du côté de la carrière de la Maladrerie où aucun filon n'a été recoupé récemment. En revanche, au niveau macro un arrachement de talus de route à mis à jour des blocs frais d'un filon de quartz minéralisé en plomb. Dans une gangue schisteuse très friable nous avons trouvé de jolis cristaux allongés de pyromorphite jaunâtre.
Dans le bassin de Decazeville peu d'activité du côté des houillères embrasées proches de l'extinction suite aux remaniements de terrain incessants opérés par les Houillères du Bassin Aquitain. La destruction des derniers vestiges industriels (on parle officiellement de réhabilitation minière) continue à gommer l'identité minière du bassin sans lui en trouver une nouvelle ! Le musée géologique n'est plus que l'ombre de lui même malgré les effort d'un responsable bien seul… Plus de trace de charbon dans la Découverte de Lassalle: ce patrimoine minier et géologique, comme une grande partie du profil lithologique de l'assise du Bourran, se retrouve enfoui sous plusieurs mètres de remblais.



Pyromorphite  de Villefranche
     
 
Réhabilitation de la Découverte sous l'oeil du Puits Central
L'assise de Bourran enfouie sous un green??

Mai 2005 : Mine de chrome de Tiébaghi, NC  
 

Plusieurs visites au sommet du dôme de Tiébaghi nous ont permis de constater que les vestiges de l'Entonnoir, très intéressants du point de vue historique, sont relativement pauvres en minéraux. Les techniques de triage manuel utilisées à l'époque n'ont en effet pas laissé beaucoup de blocs minéralisés dans les haldes.
Sur le flanc Est du dôme se situe le travers-bancs ouvert par la société Chromical dans les années 80-90 pour exploiter les restes des amas de chromite laissés à la fin des années 50. Les imposants déblais situés près de l'unité de traitement du minerai semblent beaucoup plus frais et intéressants. Parmi les blocs de péridotites nous avons notamment trouvé de gros cristaux d'amphiboles à inclusions de cristaux automorphes de chromite.


Janvier - Février 2005 : New-South-Wales, South-Australia, Tasmania  
 

Un bref résumé de notre seconde excursion minéralogique en Australie.

Après quelques journées passées à Sydney, un vol pour Adelaïde nous amène au plus proche des sites minéralogiques de l'Australie Méridionale.

26 janvier : Arrivée à Adelaïde, direction le Nord et les Flinders Ranges. La température s'est bien réchauffée par rapport à Sydney et pour les quelques milliers de kilomètres qui nous attendent, la clim de la voiture nous sera bien utile. Traversé de la Barossa valley célèbre pour son vignoble, mais aussi pour ses phosphates (wavellite, fluellite). Arrêt pour la nuit un peu plus loin à Kapunda, ville construite sur la première véritable mine d'Australie, exploitant un gisement de cuivre découvert en 1844.

Kapunda

Le lendemain, direction le Nord des Flinders et la mine de Beltana. Ce gisement de willémite est exploité épisodiquement pour alimenter en fondant la fonderie de plomb-zinc de Port-Pirie. La fin de la dernière phase d'exploitation remonte à juin 2003 et des blocs de willémite de taille métrique sont toujours sur place. Cela permet d'échantillonner une paragénèse originale avec willémite, smithsonite, adamite, hedyphane, austinite, vanadinite, barytine
Dans la soirée le temps se gate: alors que l'on recherche dans la morne plaine désertique le gîte de wulfénite d'Avondale, situé au NE de Lyndhurst, une tempête de sable se lève, suivie d'une gros orage. Donc pas de wulfénite pour cette fois.

Le pit de Beltana

Hedyphane, Beltana

 

Le lendemain retour vers le Sud pour récupérer la Barrier Highway qui va nous mener à Broken-Hill. Arrêt obligé sur le site de Paratoo assez facile d'accès juste avant Yunta. Des espèces rares nous attendent sur cette petite mine de cuivre. Sur un zone très localisé de la tranchée ont été décrites deux nouvelles espèces la decrespignyite-(Y) et la paratooïte, en plus de la paragénèse à secondairs de cuivre (atacamite, …).

The Pinnacles, Broken-Hill

Decrespignyite-(Y), Paratoo
  Broken-Hill est une véritable oasis au milieu du bush. Située au fin fond du New-South-Wales, la ville est plus proche d'Adelaïde que de Sydney. En son temps elle fut la cité minière la plus prospère du pays, construite suite à la découverte en 1883 du Line of Lode, un gisement géant de plomb-zinc-argent contenant 280 millions de tonnes de minerai. Le système minéralisé, en forme de boomerang, comporte 9 lentilles et s'étend sur environ 8 km de long. Les principaux sulfures sont galène, sphalérite et chalcopyrite, inclus dans une gangue de spessartine, quartz, rhodonite, bustamite, hedenbergite, wollastonite
La zone d'altération du gisement, développée sur plusieurs dizaines de mètres d'épaisseur, est très riche en minéraux secondaires. Parmi les grands classiques: pyromorphite, mimétite, smithsonite, anglésite, et plus rares: stolzite, raspite... Au total près de 300 espèces minérales ont été décrites à Broken-Hill
La mine Pinnacles où est stockée une partie du minerai est le seul endroit plus ou moins accessible où il était encore possible de collecter des minéraux fraîchement sortis du Line of Lode. J'avais eu cette chance en 2003, malheureusement cette fois-ci les stocks étaient pratiquement épuisés sur ce site. Des travaux d'exploration sont en cours pour exploiter à ciel-ouvert le gisement de Pinnacles, dont la paragénèse n'a malheureusement rien à voir avec la richesse de celle de Broken-Hill.

Browne's Shaft, Broken Hill
 

Début février : grosses tempêtes sur le Sud-Est australien, après avoir passé une nuit bloqués à l'aéroport de Melbourne, nous trouvons enfin un vol pour rejoindre Hobart en Tasmanie, où nous allons passer la dernière semaine.
Arrivé à Hobart nous sommes accueillis par Steve Sorrell qui va nous donner un premier aperçu des richesses minéralogiques de son île d'adoption. Guidés le temps d'un week-end par un expert de la région, nous allons visiter quelques sites célèbres de la côte Est de l'île.

 

 
 

Très tôt le samedi nous voilà donc partis en direction de Queenstown. Au milieu d'une nature verdoyante, après avoir traversé le Lake St Clair National Park, nous arrivons sur une vallée ravagée par les pluies acides issues de l'industrie du cuivre. Le paysage me rappelle étrangement la vallée aveyronnaise de Viviez , marquée par plus d'un siècle d'exploitation des usines Vieille Montagne. Premier arrêt à proximité du carreau de la mine de Mount Lyell : un filon à quartz hematoïde avec de jolies petites anatases.

 

Un peu plus loin vers le Nord nous attaquons les choses sérieuses à Zeehan. Objectif : les mines de Dundas exploitées pour les spécimens de crocoïte. Ces anciennes mines de plomb sont également riches en pyromorphite, cérusite et dundasite.
Le district de Zeehan-Dundas est connu pour avoir fourni les meilleurs cristaux de crocoïtes au monde. La crocoïte a été rencontrée dans la plupart des mines du district, les meilleurs spécimens provenant des mines Adelaïde, Red Lead et West Comet. Actuellement trois mineurs travaillent encore sur les mines Adelaïde, Dundas-extended et Platt Prospect.

  • L' Adelaïde Mine comporte une zone d'oxydation développée sur plus de 100m de profondeur. La proximité d'une intrusion de roche ultra-basique expliquerait le développement de grosses masses de crocoïte. C'est de cette mine que proviennent actuellement les plus gros cristaux. Elle est exploitée pour les échantillons minéralogiques depuis 1957.
  • Platt Prospect est située à l'Est de de West-Comet. Elle est exploitée depuis quelques années et produit de très belles associations de crocoïte-pyromorphite.

Nous allons avoir le privilège de visiter la galerie d'une de ces exploitations et découvrir à la lueur du casque des cristallisations de crocoïte en place dans le gossan de fer-manganèse.
Sur le chemin du retour vers Zeehan nous repérons sur le bord de la piste de gros blocs de serpentine à taches violacés. L'origine de ces blocs ne doit pas être cherchée très loin : il s'agit de la colline Stichtite Hill, localité type de ce carbonate de magnésium et chrome de teinte pourpre du plus bel effet en association avec la serpentine.
Nous aurons à peine le temps de nous remettre du spectacle souterrain, dans la soirée nous poursuivons cette tournée en allant jeter un oeil sur les stocks de la Mine Adelaïde : de quoi faire une overdose de crocoïte.

Gossan à crocoïte dans une galerie de Dundas

Crocoïte, Platt Prospect

  Le lendemain direction la région de Waratah et son district à étain que nous dépassons pour aller sur la mine Magnet située à 7 km de là. Cette importante mine de plomb fut découverte en 1890 avec un pic de production en 1910-1920. La localité est célèbre pour ses cristallisations de cérusite chromifère de couleur jaune citron. Sur l'affleurement de gossan, outre la cérusite on peut encore trouver argent natif, crocoïte et mimétite.
En continuant la route vers l'Est en direction de Savage River nous arrivons sur le site de la mine Cleveland de Luina.
Retour vers Waratah et la mythique mine de Mount Bischoff où peuvent être récoltés quartz, topaze, fluorine, tourmaline, cassitérite, wolframite...
Nous sommes déjà dimanche après-midi, Steve nous raccompagne jusque sur la côte nord et ses sites à zéolites puis continue sa route pour rejoindre Hobart.

Mt Bischoff
  De nombreux dépôts de basaltes d'age Tertiaire affleurent au Nord de la Tasmanie. Les vacuoles de ces basaltes sont riches en zéolites variées : analcime, chabazite, erionite, gmelinite, gonnardite, heulandite, laumontite, levyne, mesolite, mordenite, natrolite, phillipsite, thomsonite...
Le site de Leith correspond à une plateforme de basalte visible à marée basse. Les vacuoles de zéolites sont nombreuses sur l'affleurement mais également dans de gros blocs dispersés sur la plage. Un rapide échantillonnage nous a permis de retrouver chabazite, levyne, erionite, offretite et thomsonite.

 
 
Craddle Mountain, Tasmania
 
 
Après quelques balades autour de Craddle Moutain, nous finissons le séjour en Tasmanie par une excursion dans le N-E de l'île, et un autre district à étain : celui d'Avoca. De Lauceston, reste à organiser l'expédition des dizaines de kilos de minéraux récoltés sur cette île, veritable concentrée de la richesse minière et minéralogique du territoire australien.