L'or du Bambouk (Mali - Sénégal)

 

 

 

 

 

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Un peu d'histoire

L'or du Soudan est connu depuis l'Antiquité. Les provinces aurifères décrites par les arabes sont le Bambouk, le Galam, le Bouré et le Sankaran. Ces quatre provinces correspondent respectivement aux rives de la Falémé (Mali-Sénégal), au Haut-Niger à la frontière guinéo-malienne et la région de Kankan (Guinée). Il est très probable que les plus anciens centre d'extraction d'or d'Afrique se situent au Bambouk.

Les sources arabes de l'époque décrivent le Ghana comme une contrée où l'or commence à pousser au mois d'août, à l'époque où le Nil (Niger) commence à s'élever et à grossir...

Au XIIème siècle Idrisi écrit : 'la province renommée pour la quantité et la bonté de son or c'est le Bambuk'.

Jusqu'au milieu du XIVème siècle les deux tiers de l'or dont disposait l'occident chrétien provenait de l'Afrique de l'Ouest et en particulier de l'empire du Mali.

 

Géologie

Géologiquement le Bambouk correspond à la fenêtre birrimienne de Kédougou-Kéniéba représentant un affleurement isolé du craton Ouest-Africain.

Le craton Ouest-Africain, figé depuis 2 milliards d’années environ, est une des portions stables du continent africain. Il est limité au Nord par l’Anti-Atlas, à l’Est par la ceinture mobile centre-africaine et à l’Ouest par la zone mobile d’Afrique de l’Ouest. Il est en grande partie recouvert par des formations sédimentaire, mais le socle affleure dans trois zones : la Dorsale de Reguibat au Nord, les fenêtres de Kédougou-Kéniéba et Kayes au centre et la Dorsale de Man au Sud.

La fenêtre de Kédougou-Kénieba est donc une zone d’affleurement du socle située a cheval sur le Sénégal Oriental et le Mali. Elle laisse apparaître un ensemble de roches volcano-sédimentaires plissées, métamorphisées et granitisées au cours de l’orogenèse éburnéenne.

Cet ensemble a été subdivisé en trois séries avec de l’Ouest vers l’Est : la série de Mako, la série du Dialé et la série de la Daléma.

 

L'orpaillage traditionnel

   

L'orpaillage artisanal est encore largement pratiqué en Afrique de l'Ouest notamment les années de grande sécheresse. Habituellement c'est une activité complémentaire qui remplace l'activité agricole pendant la saison sèche de la mi-novembre à la mi-mai. En hivernage normal les pluies abondantes remplissent les puits et empêchent tout travail d'orpaillage.

Extraction

Les puits creusés sur les gisements alluvionnaire et éluvionnaire ont tous une section circulaire d'environ 80 centimètres de diamètre. Ceux creusés sur les filons de quartz aurifère ont habituellement une section rectangulaire.

Le principal outil de fonçage est le soly, sorte de piochon constitué d'une lame pointue enfoncée dans un manche court en forme de gourdin. Une pioche plus classique est utilisée pour le fonçage des tous premiers centimètres constitués d'une mince couche d'humus et de gravillons. Puis une fois la cuirasse latéritique atteinte c'est le soly qui est le mieux adapté.

Lors de la progression des encoches sont creusées le long d'une paroi pour permettre au mineur de caler ses pieds en même temps qu'il s'adosse à l'autre paroi. Il s'aide des bras et des jambes mais très peu des mains pour se déplacer dans le puits.

Une écuelle en bois permet de ramasser les débris rocheux et de remplir le seau. Pour remonter les déblais et graviers aurifères, les seaux en plastique attachés à des cordes en nylon ont presque partout remplacé les paniers et cordes en fibre de da.

La sélection des graviers aurifères est fonction des gisements. Au Sénégal oriental les graviers riches en quartz et en or sont dénommés "Nara". Une fois la couche riche atteinte des galeries sont creusées dans toutes les directions. Aucun boisage n'est installé, seuls des piliers de minerai préservé assurent une certaine stabilité au toit de la couche qui est souvent très peu induré. Les accidents semblent être assez rare malgré les conditions de travail.

   

Lavage

Le lavage des graviers est la tache réservée aux femmes. Il est pratiqué dans les marigots lorsqu'ils ne sont pas sec, sinon des amorces de puits sont remplies de l'eau puisée dans ceux qui atteignent la nappe.

Les ustensiles utilisés consistent en une bassine de plastique, deux calebasses et une écuelle en bois.

Le débourbage est effectué dans une calebasse. Dans un premier temps les gros graviers sont lavés, triés et rejetés. Une fois les plus gros graviers retirés le reste des alluvions est débarassé de l'eau boueuse par des mouvement oscillatoires de la calebasse, utilisée comme une batée. Restent au fond de la calebasse quelques grains de quartz, les minéraux lourds (magnétite, ilménite) et les paillettes d'or. Ces minéraux sont versés dans un écuelle de bois dans laquelle les paillettes sont triées en fin de journée.

 

   

 

   

 

 


 

Les mines et projets actuels

 


Les réserves en or du Mali sont estimées aujourd'hui à 500 tonnes. Elles sont réparties dans la partie orientale du Bambouk avec les mines de Sadiola et Yatela, mais également dans la région de Bougouni où se trouvent les mines de Morila et Syama. Depuis peu le pays est devenu le 3ème producteur africain derrière l'Afrique du Sud et le Ghana.

Paradoxalement, la partie occidentale du Bambouk, sur la rive gauche de la Falémé, en territoire Sénégalais, bien qu'elle soit plus étendue, est moins bien lotie en gisements.

Sadiola

Sadiola est le plus bel exemple des nouveaux développement miniers opérés en Afrique de l'Ouest ces dernières années, c'est l'une des mines d'or les plus rentable au monde.

Le gisement a été découvert par la compagnie canadienne Iamgold puis développé en partenariat avec Anglogold (Anglo-American). La construction des installation a débuté en 1994. Avec un coût de développement de 100 millions US$ la mine est entrée en production début 1997 en un temps record. Elle devait produire à l'origine environ 10 tonnes d'or par an pendant 13 ans.

Géologie:

Le gisement de Sadiola se situe sur une structure parallèle à l'accident sénégalo-malienne de direction N-S.

Le corps minéralisé comprend une partie superficielle oxydé surmontant la partie sulfurée. L'exploitation s'opère à ciel ouvert et devrait aboutir à un open-pit de 1800 sur 750 m et 150 m de profondeur. Jusqu'à présent il n'a pas encore atteint la zone sulfurée, située en partie dans la saprolite.

L'usine de traitement a une capacité de 5,3 Mt par an.

Le minerai exploité a une teneur de 3,4 g/t. Les réserves étaient évaluées fin 2000 à 32,6 Mt représentant environ 104 t d'or.

La production de 1999 a été d'environ 20 t.

Yatela

Le gisement est situé a environ 25 km au N-W de Sadiola.

L'exploitation est opérée à ciel ouvert par un open-pit qui a terme mesurera 1200 sur 600 m et 230 m de profondeur.

Environ 2,5 Mt de minerai seront traités par an. Les réserves sont estimées à 13,4 Mt de minerai à 3,7 g/t représentant environ 50 t d'or. La mine emploie un peu plus de 450 personnes.