Cuivre

Le district à cuivre le plus important est celui du Diahot, situé à l'extrémité nord de la Grande Terre. Il s'agit de gisements volcano-sédimentaire de type Kuroko.

Le cuivre existe également dans la série ultrabasique, notamment à la Montagne des Sources où il est associé à des amas de magnétite. Il est également présent dans les basaltes, sur la concession Honfleur près de Poya.

 


Mine Pilou

Historique

Le gisement est découvert en octobre 1884 par un prospecteur nommé Louis Equoy. Dans un creek descendant vers Balaguet, les schistes affleurant, altérés, avec des traces vertes et bleutées, lui permettent de découvrir le filon cuprifère.
L'inventeur de la mine fait une demande de concession qui est publiée dans le Moniteur, le 17 décembre 1884. Englobée par la concession Pilou de 100 ha, la concession Némou de 25 ha est centrée sur le cône de Pouape et concerne le gisement connu.

Higginson ne tarde pas à s'intéresser à la Pilou et obtient la cession des titres de Equoy pour la somme de 50 000 F.
Higginson et Montagnat, propriétaires de Mérétrice, s'associent par échange de 25% de leurs parts dans leurs mines respectives. Higginson va s'occuper de l'aspect commercial tandis que la direction des travaux incombe à Pelatan. Celui-ci est un ingénieur des Mines de Paris sorti major de sa promotion, mais c'est également le gendre de Higginson. Lorsque Montagnat revendra finalement ses parts à Higginson en août 1886, l'affaire sera alors entièrement familiale.

Quatre périodes d'exploitation se sont succédées entre 1885 et 1930.

1885-1891

D'après le rapport de Croisille (août 1886) les travaux débutent sur Pilou en janvier 1885. Ils sont rapidement interrompus pour permettre à Pelatan d'entreprendre des travaux de reconnaissance qui dureront 6 mois.
Plusieurs affleurements de cuivre carbonaté, de sulfure de plomb et de cuivre pyriteux sont repérés sur le Cône et suivis par des galeries en direction de faible profondeur. Pour confirmer la présence d'un filon régulier Pelatan fait ouvrir un travers-bancs à la côte de 52m. Le filon est recoupé au bout de 28 mètres puis tracé en direction sur une longueur de 45 m.
Croisille décrit un filon de direction E23°N, avec un pendage de 85° vers le Sud, une puissance moyenne de 1m20, atteignant 2m80, et une teneur moyenne en Cu de 25%.
Le garde mine est très optimiste quant à l'avenir de la mine ; selon lui il sera possible d'extraire une quantité de minerai plus considérable que celle que la mine Balade a pu produire. Il finit même son rapport en prédisant que la mine est appelée à devenir le centre minier le plus important de la colonie et une des mines de cuivre les plus productives du monde entier.

Un nouveau travers-bancs est ouvert au niveau de la vallée à l'altitude de 26m, il va permettre de reconnaître la régularité et la puissance du filon et assurera l'exhaure des niveaux supérieurs. En même temps, débute le creusement du puits principal destiné à faciliter l'aérage et desservir les futur niveaux d'exploitation.

L'exploitation débute réellement en juin 1886. Le filon, dénommé Filon Herbert, est exploité dans sa zone oxydée en commençant par dépiler le minerai du Cône entre le niveau 1 et l'affleurement. Le minerai de cuivre à plus forte teneur (25-28% Cu) est mis en sac après cassage et triage, puis acheminé jusqu'à Port-Pilou sur les rives du Diahot, par une voie ferrée de 2,9 km. Le reste du minerai à teneurs plus faibles (16 à 20 % et 12 à 15 %) est laissé sur place en vue de traitements mécaniques permettant son enrichissement. Du minerai riche en plomb est également entreposé sur place en attendant de savoir le traiter.

De Port-Pilou des gros chalands métalliques transportent le minerai jusqu'à Pam, point de mouillage le plus proche permettant l'approche des voiliers minéraliers. La première exportation a lieu en août 1886, le minerai est embarqué sur l'Océan Queen pour être envoyé à Swansea (Angleterre) via Nouméa et Sydney.

A l'époque de Croisille, le personnel de la mine se composait de 3 contremaîtres, 25 libérés, 16 Canaques engagés et de 105 condamnés. En effet, Higginson bénéficie encore des services des 300 forçats obtenus de l'administration pénitentiaire pour exploiter Balade.

En 1887 est découvert le gisement voisin d' Ao dont les titres sont rachetés par Higginson.
C'est cette même année qu'Higginson envisage de transformer le minerai de 10 à 15 % en mattes à 30 %. Il fait construire à Pam deux fours water-jackets. En août 1887, c'est directement sur le carreau de la mine qu'est implantée une unité de fusion.
Le prix de revient est exorbitant et les rendements sont très médiocres, puisque entre 1888 et 1889 seulement 188 tonnes de mattes seront produites. L'idée de fusion est abandonnée en avril 1889.

En 1888 l'exploitation arrivant en dessous du 4ème niveau le minerai devient sulfuré : outre la chalcopyrite, apparaissent pyrite, blende et galène, ainsi que la gangue de quartz absente de la zone oxydée. Il devient donc nécessaire de construire sur le carreau de la mine une petite laverie produisant des minerais enrichis à plus de 10 %.

En 1890, c'est la côte zéro et donc le niveau hydrostatique qui est atteint au 5ème niveau, les problèmes d'exhaure commencent à apparaître et le rendement de l'exploitation va s'en ressentir. D'autant plus qu'en juillet 1890 Pelatan quitte la Calédonie pour occuper un poste important dans la Banque Rothschild. Il revend ses parts à son beau-père.
Les rendements des mines d'Higginson déclinent peu à peu et en avril 1891 la Compagnie des Mines du Nord n'étant plus en mesure de payer ses dettes, elle est liquidée. Cependant Higginson rachète les titres après la liquidation.

1895-1902

Des investisseurs anglais sous l'égide de la banque London and Globe Finance constituent l' International Mining Corporation Ltd. qui doit évaluer le potentiel minier de plusieurs régions calédoniennes. La banque a un retour positif de la part des experts qu'elle a envoyés sur place. Pour exploiter la mine Pilou, elle crée l'International Copper Corporation. John Higginson devient administrateur délégué du groupe en Nouvelle-Calédonie.
Durant les 5 années d'inactivité, l'entretien des installations a été assuré et les pompes maintenues en marche pour assurer l'exhaure du chantier. Higginson dispose toujours de sa main d'œuvre de forçats qui retrouve pour son plus grand malheur les chantier de Pilou.
De nombreux travaux de modernisation sont entrepris : une nouvelle laverie est aménagée dans la plaine, un barrage édifié en amont dans la vallée pour palier aux pénuries d'eau constatées auparavant. La mine Ao semble encore prometteuse, une liaison ferroviaire empruntant un tunnel est construite afin d'acheminer le minerai sur la laverie de Pilou. Pour l'évacuation du minerai vers les rives du Diahot, une nouvelle voie ferrée de 5,5 km menant à la pointe Dilah est également aménagée. Les échecs métallurgiques du passé semblent être oubliés puisque deux fours à réverbères sont construits à Pam.

Un autre filon dénommé Filon Georges est découvert sur l'autre versant du Cône. Facilement exploitable, il suscite de grands espoirs : plusieurs galeries en direction sont ouvertes.
Sur le filon Herbert tandis que le puits est approfondi jusqu'à 150 m les niveaux 5, 6, 7 et 8 sont ouverts. Les traçages effectués sur environ 300 mètres de long sur chaque niveau révèlent un beau filon. Mais lors de sa visite en 1904, alors que le chantier est arrêté, Glasser constate que peu de minerai a été dépilé à cette époque. Il décrit un filon de 1 m à 1 m 50 de puissance minéralisé en chalcosine, chalcopyrite, blende, galène et pyrite. Dans son rapport il reproduit un plan des travaux sur lequel il reporte la localisation d'échantillons analysés par les exploitants.

L'exploitation en 1898-99 est satisfaisante avec 9700 tonnes de minerai produites. En 1899 la société augmente son capital et change de nom pour devenir les Mines de Cuivre Pilou Ltd.

En 1900, apparaissent les premiers signes du déclin de la société, seulement 3500 tonnes à 5,87 % sont produites, on est loin des prévisions tablant sur 5 à 6000 tonnes par an. Si le filon Herbert reste prometteur, les traçages du filon Georges sont décevants. Mais une nouvelle fois, c'est la métallurgie qui va précipiter la faillite de la mine. La fabrication des mattes sur place se révèle être beaucoup plus coûteuse que le transport du minerai brut suivi d'une fusion en Australie.
Finalement en 1902, c'est la London Globe and Finance qui est dans les pires difficultés, et les actifs de la Mine de Cuivre Pilou Ltd. sont liquidés en décembre 1902.
John Higginson se retire définitivement des affaires minières et meurt à Paris en 1904. Cependant ses héritiers rachètent les concession et maintiennent les installations en état.
En 1904, alors que Pilou est en sommeil, Glasser revient sur les raisons de la faillite de l'entreprise. Tout comme Croisille en 1887, il constate que l'exploitation souterraine de la mine a été menée suivant les règles de l'art, en revanche il critique fortement les options prises par la société concernant le traitement du minerai sur place et la construction à grands frais d'infrastructures disproportionnées.

1907-1910

En 1907 les héritiers d'Higginson décident, avec le soutien financier du banquier parisien Max, de relancer l'exploitation de Pilou. Pour cela ils créent la Société Calédonienne des Mines.
Deux ingénieurs sont envoyés en Calédonie : Hugoniot s'investit à Tao dans la mise au point de l'électro-metallurgie du nickel tandis que Langlois doit superviser le redémarrage de Pilou. Encore une fois, l'ingénieur, qui a sûrement oublié de lire Glasser, a la folie des grandeurs et entreprend de traiter le minerai sur place. Une nouvelle usine de fusion est créée à Dilah, sur la rive gauche du Diahot afin d'économiser les frais de transport du minerai par chalands jusqu'à Pam. L'usine est achevée en 1909.
Sur la mine, la main d'œuvre est devenue plus coûteuse : John Higginson étant décédé le contrat le liant à l'administration pénitentiaire n'a plus lieu d'être pour ses héritiers. Les forçats ne reviendront donc plus à Pilou. Le puits principal est approfondi jusqu'à 165 mètres en vue d'ouvrir le 9ème niveau.
En 1910 Hugoniot se rend sur Pilou et constate les mauvais choix dans les travaux entrepris par Langlois, et la faillite à venir de l'affaire. Le rapport qu'il envoie à Paris convainc les administrateurs de mettre à nouveau en sommeil la mine de Pilou en juin 1910. La société se concentre désormais sur son procédé d'electro-metallurgie du nickel, une partie du matériel de Pilou est démontée pour être envoyée à Tao. En 1912 le krach de la banque Max sonne le glas des activités de la Société Calédonienne des Mines.
En 1916 les actifs de la société son rachetés par le Docteur Auvray, un gendre d'Higginson. Ils sont revendus à de Verteuil, un autre gendre d'Higginson, en 1918.

1927-1930

En 1927 la Banque Coloniale d'Etudes et d'Entreprises Mutuelles envoie l'ingénieur Fonbonne en mission pour évaluer à nouveau le potentiel minier du Diahot. La conclusion de son étude est favorable à une reprise de l'exploitation et en 1928, est créée la Société des Mines du Diahot.
Sous la supervision des ingénieurs Condamin et Hass l'entreprise prévoit de réveiller nombre de mines du Diahot, dont Balade-Murat, Mérétrice et Pilou, et de construire des usines de flottation à Tao. Les travaux reprennent à Pilou en février 1930 avec le dégagement d'un ancien travers-banc et l'ouverture d'un nouveau travers-banc au S-SE du puits principal.
Mais avec la crise se profilant les cours des métaux chutent rapidement et la production n'aura même pas le temps d'être amorcée. En avril 1931 c'est la mise en faillite de la société.

Avec ce dernier épisode, prend fin l'histoire de l'exploitation de la mine Pilou. Il aura été extrait au total environ 67 000 t de minerai à une teneur de 5% représentant 3000 tonnes de cuivre métal.

Prospection moderne

Après guerre, au fil des oscillations du cours des métaux de base, plusieurs campagnes d'exploration sont entreprises sur Pilou.

En 1956 le BRGM BUMIFOM effectue des levés géologiques, de la géochimie tactique, de la géophysique et exécute deux sondages en 1963.
En 1970 le Syndicat Nord Calédonie réalise deux autre sondages.

Dans les années 80, dans le cadre de l'inventaire minier, le BRGM reprend l'étude du gisement avec études minéralogiques, réalisation de quatre sondages et recherche par géophysique des extensions possibles dans la zone Tourris-Colorado.

Dans les année 90 c'est la junior australienne Asia Pacific qui prospècte l'or du Diahot et s'intéresse à Pilou.

Gîtologie

La minéralisation est contenue dans deux 'filons' :

- Le filon Herbert est orienté N100°E avec un pendage de 55 à 70° vers le SW. Il peut être suivi sur environ 300 mètres et a été reconnu sur près de 220 m de hauteur. Il s'épaissit localement pour former 4 colonnes plus riches en cuivre-zinc à l'ouest et plus riches en plomb à l'est.

- Le filon Georges se situe 50 mètres au Sud du filon Herbert. Il n'a été reconnu que par 3 galeries creusées à flanc de coteau sur le Pouape.

La zone d'oxydation est très développée puisqu'elle a été rencontrée sur une hauteur de 90 mètres dans le filon Herbert.

La colonne 5 située à l'extrémité est des travaux a une direction subméridienne. Son épaisseur et de 2 m avec localement des épaississements de 6 ou 7 m. Les deux 'filons' sont en fait le flanc Nord et Sud d'un pli, la colonne 5 les relie en jouant le rôle de charnière.

La même couche minéralisée plissée se prolonge vers l'est dans le secteur de Tourris. Les minéralisations exploitables se concentrent dans les charnières des plis, alors que sur les flancs la couche s'étire et devient inexploitable.

En conclusion de l'étude du BRGM la reprise de l'exploitation à Pilou est peu probable, si elle est envisagée, elle devrait se faire en souterrain, mais les réserves du gisement sont faibles. Les réserves probables, concernant les sulfures non dépilés par les anciens, sont estimées à 50 000 t ; les réserves possibles, provenant du secteur Tourris, sont chiffrées à 90 000 t.

Minéralogie

Chalcopyrite CuFeS2
Massive, elle constitue l'essentiel du minerai exploité à Pilou.

Blende ZnS
Associée à la galène en traînées interdigitées dans la chalcopyrite. C'est le deuxième sulfure le plus abondant à Pilou.

Galène PbS
En fines veinules associées à la blende dans la chalcopyrite. La galène, ainsi que les blocs minéralisés en plomb sont assez rares sur les déblais.

Aïkinite PbCuBiS3
En rares inclusions dans la chalcopyrite.

Pyrrhotite Fe1-xS
En rares inclusions dans la chalcopyrite.

Parmi les autres sulfures signalés à Pilou, on peut citer pyrite, tétraédrite, bornite, wittichénite et mawsonite.

Cuivre natif Cu
Le cuivre natif accompagnait la cuprite dans le chapeau de fer.

Atacamite Cu2Cl(OH)3
Cet halogénure se forme facilement sur les gisements de cuivre situés en zone tropicale à proximité du littoral. Comme à Balade ce minéral a été signalé par certains auteurs à Pilou mais il faudrait confirmer sa présence par analyses.

Cuprite Cu2O
Elle était abondante sur les affleurements minéralisés du Cône au début de l'exploitation.

Ténorite CuO
Ce minéral de teinte noire accompagne souvent la cuprite.

Goethite FeOOH
Avec la limonite, la goethite constitue l'essentiel du chapeau de fer. Elle se présente en encroûtements brun-noir.

Cérusite PbCO3
Assez fréquente localement, en cristaux blancs accompagnés de malachite.

Smithsonite ZnCO3
Fréquente dans le chapeau de fer. Dans les déblais, elle est beaucoup plus rare qu'à Mérétrice.

 

Malachite Cu2(OH)2CO3
Très abondante dans le chapeau de fer, elle imprègne le filon et les schistes. On rencontre localement de très belles fibres dépassant 1cm de long tapissant des géodes pluricentimétriques.

Azurite Cu3(OH)2(CO3)2
Lacroix décrit l'azurite rencontrée à Pilou dans sa Minéralogie de la France et de ses colonies (1893-95): 'L'azurite est très abondante dans la mine Pilou ; on l'y trouve au milieu des micaschistes dans de grandes géodes, dont les cristaux d'un bleu très foncé sont généralement trop enchevêtres pour pouvoir être étudiés. Par contre les cristaux nets se rencontre dans les cavités d'une malachite concrétionnée ou dans du quartz caverneux : ils sont souvent accompagnés de malachite, de cérusite et d'aurichalcite ; ils atteignent 1 cm 5.'
Aujourd'hui encore l'azurite se rencontre fréquemment à Pilou, notamment sur les déblais et les affleurements du Cône et dans un petit tas de déblais entourant l'orifice d'un puits situé à l'ouest du puits principal.

Aurichalcite (Zn,Cu)5(OH)6(CO3)2
Signalée par Lacroix, accompagnant l'azurite.

Calcite CaCO3
Localement la calcite constitue pour partie la gangue de la couche minéralisée.

Anglésite PbSO4
L'anglésite se trouve dans les fractures altérées de la galène en petits cristaux très brillants.

Linarite PbCu(SO4)(OH)2
Si la linarite ne semble pas très fréquente à Pilou, elle existe et tous les cristaux bleus trouvés à Pilou ne sont pas de l'azurite. Elle apparaît en petits prismes de teinte bleu pale dans la schistosité accompagnant la malachite. En cas de doute la linarite se distingue de l'azurite par un blanchissement des cristaux en présence d'acide chlorhydrique.

Quartz SiO2
Avec la calcite le quartz constitue la gangue de la minéralisation. Les cristaux sont rares.



Mine Balade

Vue sur le creek de Balade, falaise de la faille de Balade

 

Creek Balade avec les residus de laverie sur la rive droite Efflorescences de chalcanthite

 

Minéralogie

Pyrite  
Chalcopyrite  
Cuivre natif  
Cuprite  
Malachite  
Azurite  
Atacamite  
Chalcanthite  
Cyanotrichite  
Brochantite  
 

 

Malachite, Mine Balade Cyanotrichite, Mine Balade

 


Mine Honfleur

 

 

La zone de recherche innondée Blocs minéralisés trouvés dans les déblais

 

 

Un des innombrables tas de déblais, au fond les premières buttes ultrabasiques du Massif de Kopéto

 

Minéralogie

Pyrite  
Chalcopyrite  

Galène

 
Malachite  
Azurite  
Cérusite  
Chrysocolle  

 

Chrysocolle, Mine Honfleur Cérusite sur malachite, Mine Honfleur